Les experts-comptables sont au plus près des comptes de leurs clients. Et jouent de plus en plus le rôle de conseillers.
Trois experts-comptables livrent leur analyse de la situation.
"Je n'ai jamais eu autant de coup de fils de chef d'entreprise que depuis qu'il y a la crise", confie Olivier Hell, expert-comptable au sein du cabinet In Extenso d'Haguenau (67). Les chefs d'entreprises, dans l'expectative, cherchent à définir dans quelle mesure leur activité pourra être impactée en 2009.
"Notre rôle consiste à les aider à bien traverser la période, voire à en tirer profit", souligne le directeur de l'agence In Extenso de Mulhouse, Michel Lévy.
La confiance est à rétablir entre les entreprises et leurs clients et fournisseurs d'abord. Carnets de commandes resserrés, délais de paiements allongés - ou non honorés - plombent les trésoreries.
"Il faut redéfinir le crédit management, c'est à dire la manière dont on favorise le client par des facilités de paiement, et les risques clients" indique Olivier Hell, soutenu en ce sens par Michel Muller, de la Fiduciaire de l'Ill, qui invite à "bien choisir ses clients, savoir facturer, et ne pas traîner. Savoir acheter et maîtriser les frais généraux aussi, ainsi que ces prix de reviens, pour déterminer un prix de vente adéquat".
Confiance entre les entreprises et les banques ensuite. L'impression générale n'est pas au gel des prêts, même si les banques sont plus regardantes que par le passé, constate Michel Muller.
Pour faire face à la crise, tout est question d'organisation et ... d'anticipation : analyse des coûts structurels, recentrage sur les activités principales ou à plus forte valeur ajoutée, élaboration de prévisionnels d'activité ...
Michel Lévy préconise aussi de multiplier les tableaux de bord, "qui permettent d'affiner le suivi du carnet de commandes, la surveillance des coûts de production, des marges, etc ...", et permettront, une fois la crise passée, "d'aller vers une amélioration de la gestion".
Les chefs d'entreprises ne doivent pas non plus hésiter à réduire la voilure et ajuster leur outil de production aux débouchés réels. "C'est parfois difficile de leur faire comprendre", explique Michel Lévy.
Si personne ne sait combien de temps la crise va durer ni quelle sera son intensité, les perspectives pour 2009 ne sont pas forcément lugubres. "Il y a un problème clair de trésorerie au niveau des entreprises pour lesquelles je travaille, mais pas une baisse d'activité en tant que telle", constate Olivier Hell.
Il y aura aussi des disparitions d'entreprises. Mais moins d'acteurs sur le marchés, "c'est plus de potentiel pour les entreprises qui restent" ajoute-il.
Et des affaires à faire en matière de reprise d'entreprise.
"Dans la mesure du possible, il ne faut pas renoncer à des investissements, conseille enfin Michel Lévy pour ne pas hypothéquer l'avenir."
Partenaires des chefs d'entreprises en temps normal, les exerts-comptables peuvent être de bons conseillers et des alliés, auprès des banquiers, dans l'optimisation des projets d'investissement, ou, éventuellement dans la reprise d'entreprise.
Le Journal des Entreprises, Haut-Rhin, décembre 2008